La recherche médicale

La recherche médicale, voilà une des facettes des médecines les moins connues et pourtant d’une importance capitale. Toutes les avancées thérapeutiques en dépendent. Mais ça consiste en quoi la recherche médicale au fait ? Ca concerne qui ? C’est pratiqué ou ? Quels cursus peut-on suivre pour y arriver ? Tant de questions que nous allons tenter de vous éclaircir.



Tout d’abord il faut différencier la recherche médicale fondamentale de la recherche clinique. Dans la recherche fondamentale on cherche surtout à mieux connaître le corps humain, dont tous les secrets ne sont pas encore à jour, mieux comprendre ses mécanismes, aussi étudier les organismes qui peuvent nous affecter. C’est donc très largement des sciences fondamentales, comme la biochimie, l’histologie, la physiologie qui sont nécessaires à ce type de recherche.
Ensuite, sur les résultats de la recherche fondamentale, vient la recherche clinique, qui vise à inventer de nouveaux traitements, développer de nouveaux moyens thérapeutiques, et vous serez sans aucun doute confrontés au cours de vos études à des essais clinques pratiqués en CHU, d’ou l’intérêt d’en savoir un peu plus dessus.



La recherche fondamentale :

La recherche fondamentale est une discipline très liée aux sciences, et assez peu à la clinique à vrai dire. Elle vise à mieux comprendre le corps humain. En effet, à l’heure actuelle, tous les mystères de notre organisme n’ont pas été percés à jour, et ce particulièrement dans le domaine neurologique. Aussi, avant d’améliorer nos moyens thérapeutiques, il convient d’approfondir nos connaissances dans des domaines aussi vastes que la biologie, la biochimie, la physiologie, la génétique, l’histologie, etc...
Ce type de recherche est pratiquée dans les laboratoires, que ce soit dans les laboratoires de la faculté, ou dans ceux d’un des organismes de recherche, plus particulièrement l’INSERM ou aussi le CNRS. Bien entendu dans ses milieux ne travaillent pas seulement que des médecins, des scientifiques venant d’autres horizons que médecine participent aussi à ces recherches.



La recherche clinique :

Il s’agit ici de valider des nouvelles thérapies ou techniques par le biais d’études sur des volontaires essentiellement. Extrêmement codifiée et encadrée, elle ne peut se pratiquer à la légère. Ce type de recherche se pratique volontiers dans un CHU, vous serez sans doute amenez à être confronté un jour ou l’autre dans un service à des essais de nouveaux traitements, par exemple en cancérologie. Elle peut être initiée par des organismes publics ou privés, dans le cas du privé il s’agit essentiellement des laboratoires pharmaceutiques qui souhaitent tester les nouvelles molécules développées. Elle implique bien plus les médecins que la recherche fondamentale et nous concerne fortement. En effet, au cours de notre vie professionnelle future, les pratiques et les thérapies vont sans cesse évoluer, il est donc impératif pour tout médecin de se tenir au courant des dernières avancées en matière de recherche clinique.


La recherche en santé publique :

Dans ce dernier type de recherche l’on va chercher à prouver que tel produit peut être nocif pour la santé, comme la cigarette par exemple, tel comportement à risque, tel régime alimentaire dangereux, comme le fait de manger trop riche en graisse et d’augmenter son risque d’infarctus. C’est un domaine de recherche très peu connu et pourtant essentiel, il s’agit d’ailleurs d’une spécialité bien spécifique aux ENC, et elle n’est donc accessible qu’aux futurs médecins.


Les différents cursus qui s’offrent à vous :
Dans tous les cas pour faire de la recherche depuis médecine il vous faudra obtenir l’équivalence d’une deuxième année de master de recherche (M2R, anciennement DEA), ce qui permet d’entrer dans un doctorat sciences et au final de présenter une thèse de sciences en plus de la thèse de médecine. Le M2 peut se faire avant ou pendant l’internat, en sachant que pendant il est difficile de gérer les deux, et que les internes font souvent leur M2 sur deux ans. Pour accéder au M2 il faut valider le M1, équivalent d’une première année de master sciences, et il vous faut pour cela totaliser 60 crédits ECTS (European Credit Transfert System), mis en place depuis la réforme LMD.
Théoriquement, pour totaliser ses 60 crédits il faut valider son DCEM, ce qui rapporte 30 crédits, faire un stage en laboratoire (Stage d’Initiation à la Recherche ou SIR) pendant deux mois non consécutifs, cela rapportant 12 crédits et valider 18 crédits en UE (Unités d’Enseignement) soit des modules d’enseignement optionnels accessibles dès la PCEM2 (mais tous ne sont pas ouverts aux P2 ; néanmoins il est préférable de les faire en P2/D1, lorsque l’on a encore le temps).

A préciser que pour s’inscrire en M2, il faut être accepté sur dossier, donc être bien classé aux ENC et surtout prétendre à un M2 en rapport avec les UE et le SIR que l’on a fait (ne pas postuler à un M2 de génétique en ayant fait un UE en physio, un autre en neuro et un SIR en bactério par exemple). D’ou le problème de savoir en P2 vers quoi l’on souhaite s’orienter plus tard ? Voilà l’un des problèmes de ce système.

Une autre manière de faire de la recherche plus tard est l’école de l’INSERM, crée depuis 2003 et qui forme chaque année une vingtaine de P2 sélectionnés d’abord au sein de leur fac par dossier (mieux vaut être passé primant et bien classé en P1), puis sont envoyés à Paris des P2 de toute la France qui passeront un concours à l’issu duquel les vingt meilleurs seront retenus. Ils pourront dès lors suivre un cursus leur permettant de valider leur M2 durant une année de disponibilité entre la D1 et la D2, ce qui est très avantageux.En outre les cours dispensés par l’école de l’INSERM sont parait-il d’excellente qualité.

Une dernière possibilité est l’Ecole Normale Supérieure ou ENS. Cette école (une à Paris, une à Lyon), l’une des plus prestigieuses de France, s’ouvre aux étudiants universitaires en deuxième année n’ayant jamais suivi de prépa bio auparavant. Il s’agit dès lors de passer un concours commun à des personnes venant d’autres licences universitaires et de le réussir bien entendu. Ensuite il faut suivre en parallèle la formation de l’ENS et celle de médecine, donc déménager sur Paris ou Lyon, mais un élève normalien est rémunéré par l’Etat. Il doit cependant rester dix ans au service d’un organisme public dès la fin de ses études pour « payer sa dette ». L’enseignement dispensé à l’ENS est aussi réputé comme étant d’excellente qualité, et un élève normalien jouit d’un prestige important qui peut l’aider pour sa carrière future.

En définitif la recherche dans le domaine médical est donc un domaine, voir des domaines très vastes, offrant de nombreux débouchés et pouvant intéresser plus d’un carabin. Plusieurs cursus peuvent y mener, il s’agit dès lors de bien choisir celui qui nous convient le mieux. Mais il faut choisir vite, car si l’on veut avoir la possibilité de faire de la recherche médicale plus tard, il faut déjà en P2/D1 valider divers options pour. C’est d’ailleurs dommage parce qu’en arrivant en P2 l’on n’est pas encore fixé sur son avenir dans le domaine médical, mais mieux vaut ne pas se fermer des portes que l’on pourrait regretter plus tard.

Vincent, Nancy



Note :
Le système LMD venant de se mettre en place, il convient de voir avec l’administration de votre faculté pour avoir la liste des différents UE proposés, le nombre d’ECTS qu’ils rapportent, ou pour passer le M2 avant l’ENC. Pour les modalités du concours de l’INSERM, là encore vous pourrezvous renseignez au sein de votre faculté, ou auprès d’étudiants étant dans ce cursus. Pour l’ENS, allez visiter le site de cette école www.ens.fr . Enfin, sur www.e-carabin.net , section « Etudes Médicales », sous section « La fac, options & certificats et masters », vous pouvez venir poser vos questions concernant ces différents cursus, n’hésitez pas !

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