Tout savoir sur le SIDA



Le syndrome de l'immunodéficience acquise, plus connu sous son acronyme SIDA (en anglais Acquired Immune deficiency Syndrome, AIDS), est le nom d'un ensemble de symptômes consécutifs à la destruction de plusieurs cellules du système immunitaire par un rétrovirus nommé VIH (Virus de l’immunodéficence Humaine) ou HIV (Human immunodéficiency Virus). Le sida est le dernier stade de l'infection par ce virus et finit par la mort de l'organisme infecté des suites de maladies opportunistes.


Petit historique :


Le VIH est étroitement lié au virus entraînant des maladies semblables au sida chez les primates, le virus d'immunodéficience simien (VIS). Il existe plusieurs théories sur l'origine du sida, mais il est communément admis que le VIH-1 est une mutation du VIS. La transmission chez l'homme a été rendue possible par une mutation du virus.


Les études scientifiques ont suggéré que le virus serait apparu initialement en Afrique de l'Ouest, mais il est possible qu'il y ait eu plusieurs sources initiales distinctes. Le premier échantillon recensé du VIH fut recueilli en 1959. Parmi les premiers échantillons recueillis, on compte également le cas d'un Américain homosexuel en 1969 et d'un marin hétérosexuel norvégien en 1976.


Les premiers signes de l'épidémie remontent à la fin des années 1970, lorsque des médecins américains s'aperçoivent que nombreux sont leurs patients homosexuels qui souffrent de symptômes particuliers comme le sarcome de Kaposi qui s'attaque aux leucocytes. L'existence d'un problème sanitaire est avérée en juillet 1981 lorsque le Center for Disease Control and Prevention (CDC) d'Atlanta relève une fréquence anormalement élevée de sarcomes de Kaposi, C’est la même année que le New York Times révèle au grand public l’existence de cette épidémie alors naissante. L'apparition d'un nouveau virus est évoquée dès 1982.


En 1983, l'équipe du Professeur Jean Claude Chermann de l'Institut Pasteur, sous la direction de Luc Montagnier, découvre et isole le VIH. Cette même équipe a été récompensée le 6 octobre dernier le prix Nobel de médecine pour cette découverte.


L'origine virale ne sera pas d'emblée évoquée et l'hypothèse d'une intoxication par des produits comme les poppers a pu être émise au début, car les six premières personnes malades en avaient toutes été de gros consommateurs. De même, l'identification du a été difficile. S'emparant de la découverte, la presse a commencé par désigner le virus par la périphrase de « cancer gay », avant de revenir sur ce préjugé. C'est à la même période que de nombreux transfusés sont contaminés par des lots de sang contenant le VIH. En quelques années, le virus va s'étendre pour finir par toucher toutes les couches de la population.


En 1987, l’AZT (azidothymidine) apparaît comme un médicament quasiment miracle dans la prise en charge de la maladie. Bien qu’il ne permette pas la guérison, la durée de vie des malades et surtout le délai d’apparition de la phase SIDA est désormais considérablement rallongé.


C’est en 1988 que la première Journée Mondiale de lutte contre le SIDA voit le jour pour se continuer malheureusement jusqu’à nos jours…


En 1996, les thérapeutiques sont désormais construites autour de 3 molécules : c’est la naissance des trithérapies. Aujourd’hui on préfère désormais (pour éviter les mutations trop prématurées) les bithérapies.


Dès le début du XXIe siècle, l’épidémie de sida s’est transformée, et depuis 2002 on parle de pandémie.



Modes de transmissions :


Les trois modes de transmission du VIH ont chacun leurs particularités :


- La transmission par voie sexuelle :


La plupart des infections par le VIH ont été ou sont encore acquises à l'occasion de rapports sexuels non protégés. La transmission sexuelle se fait par contact entre les sécrétions sexuelles (ou du sang contaminé par le virus) et les muqueuses génitales, rectales ou buccales. Suite à la synthèse de plusieurs études, il a été montré que l'usage du préservatif lors de chaque rapport et de manière correcte fait baisser le risque d'infection de 85 %.


- La transmission par voie sanguine :


Ce mode de contamination concerne tout particulièrement les usagers de drogues injectables, les hémophiles et les transfusés.


- La transmission de la mère à l'enfant pendant la grossesse :


La transmission mère-enfant du virus peut survenir in utero dans les dernières semaines de la grossesse, et au moment de l'accouchement. L'allaitement présente aussi un risque supplémentaire de contamination du bébé.




Le point sur la pandémie de SIDA dans le monde en 2008 :






Il y a eu de 1981 à 2006 environ 25 millions de morts dues aux maladies en rapport avec le sida.


En 2007, l'épidémie semble marquer le pas, le nombre de séropositifs ayant sensiblement diminué de 38,6 millions en 2006 à 33,2 millions de personnes séropositives. L'ONUSIDA indique cependant que cette diminution provient d'une meilleure utilisation des outils statistiques, et mettent en garde contre un optimisme exagéré.


Sur les 33,2 millions de personnes vivant dans le monde avec le SIDA, 22,5 sont africaines et 4,8 sont asiatiques…


Les nouvelles infections par le VIH sont estimées à 2,5 millions de personnes dont 40 % chez les 15 – 24 ans…


En 2007 environ 2,1 millions de personnes sont décédés des suites de leur infection au VIH dont 50 % en Afrique.




Point sur l’épidémie en 2007 en France :


Le nombre de personnes infectées par le VIH est estimé à 134 000 et 27 000 ont développé une pathologie sida. On estime le nombre de contaminations par an à 5000. En 2005, près de 7 000 personnes ont découvert leur séropositivité. Depuis 2003, on note une diminution des cas de sida (4000 en 1996 à 1200 en 2005), des décès liés au sida (3000 en 1996 à 400 en 2005) et des découvertes de séropositivité.