Annaïck, P2, Madison, USA, SCORE, 2009

Expérience d’Annaïck (Toulouse), partie 2 mois en stage SCORE à Madison (USA) en 2009

 

« Alors, c’était comment l’Amérique ?  C’était génial ! » …
Je ne pense pas que vous allez vous satisfaire de cette réponse, et pourtant c’était réellement cela… *soupir* Bon, par quoi commencer ?

 

Il était une fois une petite P2 qui était tombée par hasard sur Vincent Guion (l’échangiste de l’ANEMF) et ce dernier lui avait dit « Tu veux aller aux Etats-Unis ? ». L’objectif de cette P2 était de faire un stage de recherche pendant deux mois. Et là voilà partie avec sa grosse valise pas pratique, à prendre trois avions (euh… non, le troisième était annulé, donc deux avions et 4h de bus) pour débarquer à Madison.
Les premières paroles échangées entre cette P2 et Jason, le LORE de Madison, furent bien rassurantes : « It is certainly one of the best college campuses to stay at during the summer. ».

 

Le cadre

Madison est située dans la capitale du Wisconsin, bien qu’elle n’en soit pas la ville la plus grande, à quelques 220 km au nord-ouest de Chicago.
C’est une ville plus petite que Toulouse, qui fera changer tous les préjugés au sujet des Américains (et je ne vous crois pas si vous dites que vous n’en avez pas !). Pas d’industrie, pas de délinquance, pas d’obèses, elle marche grâce aux étudiants et à la recherche, c’est comme une ville dans un campus. Située entre 4 lacs, s’étendant d’est en ouest, le cadre est magnifique pendant l’été (et l’hiver ? je sais juste que la température peut atteindre -30°C !).
La ville offre de nombreuses activités pour la plupart gratuites. Il y avait par exemple le club de voile : si vous connaissez un ami (et vous en connaissez forcément un) qui paye un abonnement et a la permission d’utiliser un bateau, il pourra à tout moment vous emmener sur le lac. Tous les mercredi soir d’été, autour du Capitol madisonnien, il y avait des concerts de musique classique gratuits en plein air.
On peut aussi décider d’aller jouer au billard au Great Dane avec une bière à la main. Aurais-je oublié de le dire ? Madison a été déclarée première ville consommatrice de bière par le Princeton Review en 2006 !
Mais c’est aussi une ville dynamique politiquement, et avec des qualités académiques reconnues dans les Etats-Unis entiers.

 

La recherche

J’ai travaillé sur les cellules souches embryonnaires de souris et la régénération cardiaque.
Mon professeur, appelez le Gary comme tout le monde, est un homme génial. Il est fan de la France et de tout ce qui a un rapport avec. C’est un petit monsieur bossu et chauve, mais il ne mélange pas des solutions de chimiste dans un laboratoire miteux, il reste plutôt assez souvent devant son ordinateur.
Est-ce cela être chercheur ? En tout cas, cela m’a donné une grande liberté d’action. Je faisais plutôt un travail de technicien, mais en y mettant toujours de la réflexion. J’ai suis devenue un as dans la lecture d’articles, j’ai manipulé de nombreuses pipettes et solutions, j’ai appris à prendre des photos au microscope et à utiliser la machine de cytométrie de flux.
J’avais mes propres cultures de cellules, et bien que je chérissais ces petites bêtes, que je venais les voir tous les jours y compris le week-end, elles n’en faisaient parfois qu’à leur tête ! Quelle frustration lorsque l’on passe 4h pour fixer les cellules, appliquer le premier anticorps, puis nettoyer, puis fixer le deuxième anticorps (grosso modo), puis compter tout ce petit monde avec la cytométrie de flux, et obtenir 3% de cellules positives (quand on en veut 30…) !
Bon, d’accord, la recherche est faite de hauts et de bas, et j’ai eu la chance d’obtenir plus de hauts que de bas.

 

La vie étudiante

La première semaine fut très dure car je n’avais de contact avec personne, et que je vivais toute seule dans un grand appartement. Je me suis vite ressaisie.
Je suis allée à un groupe de conversation français, où j’ai rencontré entre autre Gabriel, de Carcassone. Il m’a permis de rencontrer tout un tas de monde !
Puis j’ai rencontré Jason en personne, et tous ses amis de médecine. Je tiens à faire une minute de silence pour tous ceux que j’ai rencontré à Madison, car ce fut un bonheur à chaque instant. Les gens sont spontanément gentils, ils m’ont considéré comme une amie à partir du moment où j’étais présentée.
Et ce fut donc un enchainement de soirées, d’activités en tout genre, de détente après le labo. Grâce à Cydny, j’ai suivi mes premiers cours de danse de salsa, et il est très facile de trouver des concerts gratuits de salsa ! Grâce à Debra, j’ai pu faire un peu de sport et utiliser son vélo, ça a limité la prise de poids estivale inévitable.
Tout le monde était là pour m’aider et me faire rencontrer du monde, me faciliter la vie, et partager les coutumes (le foie gras est une grande expérience pour eux, vous l’imaginez bien !).

 

L’Amérique

Les Américains sont fous, certainement.

Quelle ne fut pas ma surprise lors d’un repas partagé avec eux. Ils ont commencé par de la salade et des lasagnes. Jusque là, tout de normal. Mais avec la suite, les choses se sont gâtées. Ils ont sorti un pot de glace goût « gâteau de mariage », et deux bouteilles de coca. Je n’ai pas tout de suite compris pourquoi ils s’excitaient tous… Et là, magie ! Ils ont versé le coca sur la glace, le coca moussa tellement qu’il ne restait plus qu’une sorte d’écume brunâtre. Mais ce n’était pas fini ! Ils ont enchainé avec des sortes de gros nems… Heureusement que j’avais mangé avant ! ;)

Un autre point dont j’ai envie de parler, ce sont les mariages. Combien de fois ai-je parlé avec une fille ou un gars, puis quelqu’un de sexe opposé venait nous rejoindre et les présentations consistaient en « This is my husband/fiancée. » !! Je pense que presque 20% des jeunes d’environ 24 ans sont ou vont se marier prochainement. Et bien sur, pas de sexe avant le mariage, pas plus qu’habiter ensemble !

Je pourrais vous raconter une multitude d’illogicités, de différences surprenantes mais pas moins acceptables. Il faut aussi savoir que l’on ne peut pas considérer les Etats-Unis comme un tout, et j’imagine que mon expérience aurait été bien différente si je l’avais vécue à New York !
J’ai tout de même eu la chance de passer un week-end entier à Chicago, où j’ai été gentiment logée chez Emma, une amie d’une amie. Un week-end est un peu court pour tout voir, mais j’ai pu explorer de fond en comble la partie historique de Chicago, observer depuis la plage les gratte-ciels, gouter à des pizza épaisses de 4cm, profiter des bars locaux, et j’en passe et des meilleurs.

 

Conclusion

L’aventure est-elle réellement finie ?
Je connais assez de monde là bas, maintenant, que je ne doute pas y remettre les pieds in jour. Je ne souhaite pas qu’ils généralisent la France d’après ma rencontre avec eux, et je ne généraliserai pas l’Amérique.
A mon avis, voyager ne suffit pas, il faut vivre comme ceux que l’on rencontre, il n’y a rien de plus enrichissant. Vous en apprendrez autant sur les autres que sur vous.
En effet, je me suis révélée un brin patriotique, et si fière et attachée à la culture française ! Je vous souhaite à tous de vivre une expérience comme la mienne, et n’oublions pas que rien n’est gagné d’avance.
Ne laissez jamais passer une opportunité, et bougez vous les fesses pour découvrir les milliers de visions du monde qu’il existe sur Terre.