Le Paludisme : on en est où ?
Le paludisme, aussi appelé malaria, est la seconde cause mondiale de mortalité par maladie infectieuse après le SIDA. 300 à 500 millions de personnes sont infectées chaque année.
Aujourd’hui, le paludisme fait 2 MILLIONS DE MORTS PAR AN. UN ENFANT EN MEURT TOUTES LES 30 SECONDES.
L’Afrique connaît 90% des cas mortels de paludisme. Cette maladie touche quasiment exclusivement les pays du Sud. Au Nord, seuls les touristes sont concernés mais ils ont les moyens de se prémunir contre les effets mortels de la maladie par un traitement prophylactique, c’est-à-dire de prévention contre les crises du paludisme.
Depuis une vingtaine d’années, LE PALUDISME S’ETEND. Il commence à réapparaître dans des régions dont il avait totalement disparu, comme en Turquie, en Asie du Sud-Est ou au Moyen-Orient.
Le paludisme est actuellement une priorité de l’Organisation Mondiale de la Santé.
3Faut-il attendre de voir la maladie arriver en Europe après réchauffement du climat, comme le prédisent quelques scientifiques, pour s’en préoccuper ?3
Qu’est-ce que le paludisme ?
Le paludisme est une maladie due à un parasite.
Le parasite se transmet uniquement par certains moustiques, les anophèles femelles, par une piqûre. Dans l’organisme, il subit une série de transformations complexes, qui le rendent inaccessibles pour le système immunitaire, qui assure la défense de l’organisme.
Le cycle de vie du parasite se perpétue lorsqu’un anophèle pique une personne contaminée et ingère le parasite.
Le paludisme s’accompagne généralement de fièvres importantes, frissons, douleurs articulaires, courbatures, nausées. Il peut également entraîner des troubles rénaux ou encore un œdème aigu du poumon qui sont presque toujours fatals, en particulier chez les plus faibles. (enfants, femmes enceintes, vieillards).
Quelles conséquences ?
Le paludisme est un véritable OBSTACLE AU DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE ET SOCIAL en Afrique.
On estime à plus de 12 milliards de dollars la perte annuelle de PIB due au paludisme en Afrique, et à 1,3% le déficit de croissance causé par le paludisme dans les pays touchés.
Mais pour l’Afrique il ne s’agit pas uniquement d’une perte de revenu, mais aussi d’une atteinte des ressources humaines : la douleur et la souffrance causées par la maladie sont des coûts difficilement chiffrables. De plus, le paludisme affecte le développement social et la scolarisation des enfants atteints, qui sont censés être les moteurs du développement économique de demain pour l’Afrique.
3Le paludisme est à la fois une maladie de la pauvreté et une cause de la pauvreté.3
Comment lutter contre le Paludisme ?
Il existe actuellement des moyens pour lutter efficacement contre le paludisme, mais leur accès et leur coordination est pour l’heure très insuffisante.
Les insecticides sont fréquemment devenus inefficaces à cause du développement de résistances chez les anophèles et de leur mauvaise utilisation.
Les traitements médicamenteux classiques ont également de moins en moins d’effet sur le parasite. En outre, la majorité des laboratoires pharmaceutiques privés qui développaient jusqu’à maintenant ces traitements limitent leurs recherches depuis quelques années (sur les maladies infectieuses en général) et se sont orientés vers des domaines plus rentables en développant des médicaments contre les maladies du « Nord » (diabète, hypercholestérolémie, maladies thromboemboliques). D’autres ont, au travers de partenariats avec des ONG, développé des traitements efficaces et peu onéreux, mais leur déploiement effectif partout où les besoins existent demeure un défi.
Des TRAITEMENTS CURATIFS EFFICACES DU PALUDISME EXISTENT : les ACTs (médicament à base d’artémisinine). Parmi eux, l’ASAQ, mis au point depuis peu, est le fruit d’une collaboration entre la DNDi (Drugs for Neglected Diseases initiative, comprenant entre autres l’Institut Pasteur et Médecins Sans Frontières) et le laboratoire Sanofi-Aventis. Bien qu’ils soient de plus en plus abordables grâce à ce type de collaboration, l’utilisation de ce type de médicaments est difficile à généraliser, car cela nécessite de la part des pays concernés d’introduire ce médicament sur leur marché et dans leur protocole de soins. Les ACTs sont aujourd’hui indispensables et constituent la meilleure arme contre le paludisme ; leur accès au Sud est la priorité de l’OMS. Néanmoins, à long terme ces molécules risquent d’être victimes des mêmes problèmes de résistances auxquels ont dû faire face les autres traitements. D’où l’importance de continuer les investissements en Recherche et Développement.
Un vaccin est recherché actuellement dans certains instituts de recherche mais la maladie frappant surtout les pays pauvres, peu de laboratoires sont intéressés par cette recherche qui ne serait pas assez rentable. L’Institut Pasteur, fondation privée à but non lucratif, est cependant très actif dans ce domaine de recherche (certains candidats vaccins en cours d’essais cliniques) mais un travail important reste encore à faire : AUCUN VACCIN N’EXISTE ACTUELLEMENT.
De plus, l’investissement du secteur public, souvent moteur dans les découvertes de traitements ensuite développés dans le secteur privé, n’est que trop limité.
Une des stratégies efficaces pour faire reculer le paludisme est l’utilisation de MOUSTIQUAIRES IMPREGNEES D’INSECTICIDE, qui permettent de limiter la transmission du parasite. Des campagnes de prévention sur ce thème sont notamment développées par Aide Médicale Internationale. Mais cela reste une solution palliative nécessaire qui ne peut être durable.
3Des pistes de traitements existent, mais le désintérêt pour cette cause et le manque de moyens limitent grandement l’avancée des recherches et la disponibilité des traitements.3
Contre le paludisme, cette maladie délaissée et négligée, les étudiants en médecine de France s’engagent, à l’occasion de la Journée Mondiale contre le paludisme, le 25 avril : ils organisent différentes actions dans toute la France, ayant pour buts la récolte de fonds pour l’Institut Pasteur, Médecins Sans Frontières et Aide Médicale Internationale, et l’information sur ce fléau.
Cette initiative bénéficie du soutien des laboratoires sanofi-aventis et de la banque Natixis.
LE PALUDISME, EN PARLER C’EST LE COMBATTRE