Concours PCEM1 : trop d’erreurs ! L’ANEMF dresse un constat alarmant.

Concours PCEM1 : trop d’erreurs !
L’ANEMF dresse un constat alarmant

La première année des études médicales (PCEM 1) regroupant actuellement les filières de médecine, dentaire, sage femme et dans certaines faculté kinésithérapie, est sanctionnée par un concours dont le nombre de places est défini par le numérus clausus fixé chaque année par arrêté du Ministère de la Santé. Mise en place il y a plus de trente ans, la procédure du concours devrait être bien cadrée : précautions prises, consignes données au préalable et strictement appliquées, ne laissant pas la moindre place à la survenue d’incidents. Cependant, une prise de recul sur le déroulement des concours de PCEM1 en France dans les quatre dernières années nous amène à dresser un tableau bien différent et peu réjouissant.


Le rapport établi par l’ANEMF au sujet du concours de la PCEM1 liste un grand nombre d’erreurs quant à la préparation et au déroulement du concours, mais aussi quant à l’évaluation et au classement des étudiants. Moindre mal pour les facultés, ces problèmes conduisent rarement à la réorganisation du concours en entier mais certaines épreuves peuvent être repassées. Les répercussions touchent principalement les étudiants dont certains se voient déclassés alors qu’ils étaient assurés de leur réussite par affichage du classement quelques jours plus tôt. Déjà fragilisés par les nombreux sacrifices effectués tout au long de l’année, les décisions d’annulation avec report d’épreuve ou reclassement sont toujours vécues comme un drame psychologique pour ces étudiants qui jouent leur avenir lors de ce concours. En plus d’être considérablement décrédibilisées aux yeux des étudiants, de leurs parents, du corps enseignant ou du reste de l’université par la polémique engendrée, les facultés subissent aussi des les conséquences financières de leurs négligences.

Ces erreurs d’organisation sont récurrentes de façon générale : depuis 2004, 17 annulations d’épreuves et 13 nouveaux classements ont affligé quelques 16 500 étudiants, issus de 16 facultés. Ainsi, en 2008, près de 3200 étudiants des facultés de Poitiers, Brest, Limoges et Lyon Laennec ont du repasser une épreuve suite à une erreur d’organisation lors de la première session.

L’objet du rapport de l’ANEMF sur les erreurs du concours de la PCEM1 n’est en aucun cas de stigmatiser certaines facultés, cependant la répétition de ces incidents majeurs doit faire réagir l’ensemble des facultés de médecine française et de leurs doyens. Ces derniers doivent veiller à la clarification des règles avant le concours et au bon déroulement des épreuves ainsi que des corrections.

La réforme de la L1 santé annoncée pour 2009 nous permet de nous inquiéter davantage : en effet, la multiplication des concours (pharmacie, odontologie, sage femme et médecine), ne fera que compliquer la procédure actuelle. Afin de prévenir l’augmentation de ces problèmes, il serait de bon ton qu’une réflexion nationale soit menée définissant des modalités de concours communes à tous les étudiants de PCEM1 en France.