Démographie médicale : après les propositions, la balle est dans le camp du Ministre.

L’Association Nationale des Etudiants en Médecine de France (ANEMF), membre de la FAGE, a pris connaissance aujourd’hui lors de la remise officielle, des conclusions du rapport de la Commission Nationale de Démographie, présidée par le Professeur Berland. Ce groupe de travail mis en place par le Ministre de la Santé avait pour objectif de proposer des solutions pour résoudre la problématique des déserts médicaux. Pour cela, le Professeur Berland s’était entouré des différents acteurs de santé, dont les étudiants en médecine.

L’ANEMF se félicite que les conclusions de ce rapport fasse la part belle aux mesures incitatives facilitant l’installation et l’ancrage dans les zones sous-médicalisées, politique qu’elle défend depuis près d’un an face à ceux qui voudraient imposer des mesures coercitives. On retrouve également dans le rapport des propositions qui raisonnent directement comme un écho de la mobilisation récente des étudiants en médecine à travers la France : une gestion plus stricte et plus cohérente de l’offre des postes d’internes, ainsi que le développement de stage en médecine libérale, notamment le stage chez le médecin généraliste.

Néanmoins, au milieu de toutes ces solutions subsistent deux bémols.
Tout d’abord, le rapport prône l’augmentation du numerus clausus en première année à 8000. Il apparaît aujourd’hui difficile de prévoir une telle augmentation s’il s’agit uniquement d’une mesure « brute » ; en effet il faut l’accompagner de moyens humains, financiers et logistiques conséquents et adaptés, mais aussi permettre plus de débouchés vers les postes hospitalo-universitaires, pour garantir aux futurs médecins, une formation pratique et théorique de qualité.
Par ailleurs, la Commission fait de l’inter-régionalisation de l’Examen National (donnant accès à l’internat) la solution pour résoudre tous les problèmes de démographie. Cependant, cette réforme ne doit pas se faire dans la précipitation, beaucoup de problématiques liées à l’organisation doivent trouver une solution. Les étudiants ne se disent pas près à subir une énième réforme non préparée, plus imposée que réfléchie.

Les solutions proposées sont loin d’être définitives ; certaines, comme l’inter-régionalisation, ou encore le projet de cinq nouvelles filières, demandent encore du travail et de la réflexion. L’ANEMF n’hésitera pas, encore une fois, à apporter sa pierre à l’édifice pour que l’amélioration des perspectives de démographie médicale se fasse dans l’intérêt de tous, patients, étudiants, médecins.

Les étudiants en médecine attendent de Monsieur le Ministre des mesures fortes allant dans le sens de ce rapport.