La bureaucratie veut tuer les études de médecine

L’Association Nationale des Etudiants en Médecine de France (ANEMF), membre de la FAGE, reste perplexe à la lecture du rapport de l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) et de l’IGAENR (Inspection Générale de l’Administration de l’Education Nationale et de la Recherche) « Evaluation des conventions constitutives des centres hospitaliers et universitaires  ». Ce rapport dresse un constat sur le fonctionnement des facultés de médecine et des centres hospitaliers et universitaires (CH&U) et apporte des propositions mettant en péril le système actuel des études de médecine.

En effet, les auteurs ont jugé bon de classer les CH&U selon deux de leurs trois missions : enseignement et recherche. Ainsi, les CH&U sont classés en trois catégories : « le groupe des huit CH&U indiscutables pôles d’excellence, le groupe des CH&U intermédiaires, et enfin, le groupe des treize CH&U dont l’université est polyvalente et le potentiel de recherche en émergence ». Pis encore, ce classement serait utilisé pour créer un financement plus sélectif  : les CHU les moins performants (et souvent les plus petits) seraient moins dotés, afin de mieux remplir leurs missions d’enseignement et de recherche. Un système incitatif totalement incohérent !

L’ANEMF s’inquiète d’une telle mesure à l’heure où, tous les étudiants passent les Epreuves Classantes Nationales leur permettant d’accéder au troisième cycle ; l’égalité des chances serait totalement rompue. Il n’est pas possible d’handicaper des étudiants sous prétexte qu’ils sont issus des CH&U « sous- classés » du troisième groupe.

L’autonomie des facultés de médecine au sein des universités est également remise en cause. Cette notion (article L. 713-4 du code de l’éducation) offre aux UFR médicaux une certaine capacité de gestion en terme pédagogique et budgétaire. Le rapport préconise la disparition de ces compétences, ce qui ramènerait les facultés de médecine entièrement dans le giron des universités et confierait leur gestion à des personnes étrangères au monde médical. Au vu de la spécificité et de la complexité de notre cursus, cela est-il seulement imaginable ?

Enfin, d’autres propositions émergent de ce document, parfois totalement irréelles, comme cette volonté de réguler l’accès aux spécialités d’internat sur le système totalement illégal de la DRASS (Direction des Affaires Sanitaires et Sociales) d’Aquitaine.

Devant un tel contenu, on pourrait croire à une plaisanterie mais ce n’est pas le cas. Il s’agit d’un rapport on ne peut plus sérieux et officiel, ce qui inquiète grandement les étudiants en médecine de France. Toutefois l’ANEMF ne s’en laissera pas compter et se battra pour que perdure une organisation correcte des études médicales et une formation d’excellence des futurs praticiens. A la lecture de certains éléments du rapport, une amélioration est nécessaire, mais celle-ci doit se faire de façon réfléchie car les étudiants d’aujourd’hui feront la médecine de demain !