La ’’démago-graphie’’ de Douste


 
 
Entre la démographie et la démagogie, Douste choisit la « démago-graphie »
 
 
L’Association Nationale des Etudiants en Médecine de France (ANEMF), membre de la FAGE, s’indigne de l’attitude du ministère de la Santé, qui aujourd’hui joue sans scrupule avec le futur des médecins de demain, mais aussi avec l’avenir du système de santé. Il ne semble pas se soucier beaucoup de la santé « des Français dont il a la charge ».
 
En effet la répartition des postes d’internes proposée met en péril l’équilibre du système de soins français. A court terme, il manquera de toute façon de praticiens ; autant répartir la pénurie de manière intelligente et cohérente, en suivant par exemple les conclusions des missions mandatées par le ministère, comme le rapport de l’ONDPS (Observatoire National de la Démographie des Professions de Santé).
Monsieur Douste-Blazy pense revaloriser la médecine générale en lui attribuant brutalement 50% des postes d’internes (soit 2400). Il y a tout de même près de 600 postes supplémentaires à répartir sur l’ensemble du territoire. Mais quelle est la logique de cette décision, quand il n’y a ni les capacités de formation, ni les crédits pour, ni la volonté des étudiants qui ne connaissent pas la discipline du fait d’une formation uniquement hospitalière. De plus avec les invalidations facilement prévisibles (609 soit 33% des postes de médecine générale non pourvus l’année dernière), ce seront encore une fois les villes du sud qui seront favorisées par les mouvements de population, au détriment de celles du nord.
Au lieu de ça, Monsieur Douste-Blazy tresse lui-même la corde qui va servir à pendre la médecine générale. Pire, il construit également l’échafaud qui va voir mourir des spécialités : rappelons qu’une répartition à 50% va diminuer le nombre de cancérologues de 60% d’ici 25 ans, alors que Monsieur Chirac a fait du plan cancer une priorité de son quinquennat et que le Ministre de la Santé veut généraliser le dépistage du cancer colorectal ; ou encore osera-t-on faire passer le délai de rendez-vous chez son ophtalmologue de 6 mois à 2 ans ? Qui en prendra la responsabilité devant les citoyens, nos futurs patients ?
Tout bon médecin sait qu’il faut traiter les causes avant les conséquences d’une maladie. C’est pour cela que les étudiants en médecine revendiquent une nouvelle répartition et la mise en place d’un stage chez le médecin généraliste.
 
De plus, quand on fait 7 ans d’études longues et difficiles, sanctionnées par deux concours, il paraît normal d’avoir toutes les chances de son côté pour exercer le type de médecine que l’on veut faire. La seule solution est de regrouper physiquement les candidats dans un même lieu. Est-ce trop demander d’avoir un amphithéâtre pendant trois semaines pour pouvoir choisir son poste d’interne en temps réel ? Est-ce trop demander d’avoir une réelle seconde chance, identique sur tout le territoire ? Les pouvoirs publics semblent avoir peu de considération pour des étudiants qui appartiendront demain au monde soignant.
 
Aujourd’hui l’avenir des futurs médecins et du système de santé dans lequel ils évolueront est plus que trouble et menacé. Le Ministre nous avait promis un rendez-vous sous 15 jours, mais à 3 jours de l’échéance nous n’avons plus d’espoir de ce côté-là.
Mais il est vrai qu’entre démographie et démagogie, il n’y a que 4 lettres de différence ; la supercherie est facile à occulter. Sauf aux yeux des étudiants en médecine, qui se mettront en grève et iront manifester le 6 avril, et espéreront que le ministre sera plus prompt à les recevoir ce jour là.
La colère monte…