La répartition 2008 des internes aussi incompréhensible qu’inattendue.

L’Association Nationale des Etudiants en Médecine de France, et l’Inter Syndicat National des Internes des Hôpitaux sollicitent un entretien de toute urgence avec la Ministre de la Santé, la jeunesse et les sports.

Le décret répartissant les internes de médecine pour l’année 2008 est paru ce 6 juillet, venant contredire de façon abrupte le résultat de plusieurs semaines de discussions avec les services du ministère. La Commission nationale des études médicales, en présence des doyens et des jeunes médecins, avait initialement recommandé de respecter un ratio de 50% de postes choisis entre la médecine générale et les autres filières, suivant ainsi l’avis des DRASS et de l’ONDPS. Les spécialités médicales, particulièrement fragiles, devaient bénéficier, au même titre que la médecine générale, de toutes les attentions. Quelques semaines plus tard, nous apprenions que cette répartition serait totalement remaniée : la filière de spécialité médicale bénéficierait de 50 postes supplémentaires, et la médecine de générale de 300 postes, l’ensemble des autres filières ne devant subir aucune modification. Le décret paru le 6 juillet a été comme une gifle : pourquoi réduire arbitrairement des filières déjà menacées ? On ne parle actuellement que de santé au travail, pourquoi amputer la médecine du travail de 10% de ses effectifs déjà bien maigres ? La psychiatrie « priorité du ministère », avec plus de 1100 postes non pourvus dans le secteur hospitalière, compte parmi les victimes. Les récents états généraux de la biologie médicale ont conclu au nécessaire renouvellement des praticiens… ce qui sera désormais mission impossible. Et que dire de la santé publique, dont les EGéOS viennent pourtant de mettre en exergue le rôle primordial dans l’organisation du système de santé ? Voguer ainsi de Charybde en Scylla aura des conséquences majeures que nous n’hésitons pas à rapprocher de celles qu’a eu l’instauration du numerus clausus. S’il est primordial d’améliorer l’accès aux soins sur le territoire et de favoriser une filière de médecine générale en reconstruction, la qualité de la formation offerte aux internes doit aussi être prise en compte. Augmenter brutalement de 125% le nombre de futurs généralistes en formation dans une ville comme Limoges laisse à penser que la qualité de la formation sera sacrifiée sur l’hôtel de la quantité.

Les jeunes médecins en formation ne veulent pas cautionner cette volte face, qui heurte tant sur le fond que sur la forme. Les répercussions seront majeures si la situation devait en rester là. Nous demandons de la franchise, de la méthode, des décisions concertées.