Le ministère de la santé se soucie-t-il vraiment de la démographie médicale ?

C’est la question que l’Association Nationale des Etudiants en Médecine de France (ANEMF), membre de la FAGE, se pose suite à la publication hier au Journal Officiel de la répartition des postes d’internes pour l’année 2005.
Quinze jours après la remise du rapport Berland, cette proposition de postes emprunte des sentiers totalement différents, et laisse beaucoup d’étudiants de 6ème année dubitatif sur leur avenir proche.
 
En effet, les aberrations sont nombreuses :
  • 4800 postes offerts pour moins de 4500 candidats : une adéquation de plus de 300 postes est créée ; il y aura donc au minimum 300 postes qui ne seront pas pourvus cette année ;
  • selon toute vraisemblance et au regard des années précédentes, ces postes ne seront pas pourvus dans les régions déjà déficitaires ;
  • 2400 postes offerts en médecine générale, pour signer une revalorisation de la profession : mais aujourd’hui, il y a à peine les moyens humains et financiers pour former 1900 internes ; on risque donc un embouteillage dans les stages, la formation sera moins bonne et plus difficile et on aboutira à une aggravation de l’image déjà écornée de la médecine générale ;
  • la répartition des disciplines au niveau des villes et entre les villes ne prend pas en compte les besoins et la qualité de la formation, et ne suit aucune logique : certains CHU vont se retrouver à former 25% de chirurgiens alors que d’autres n’en formeront quasiment aucun ; l’accès aux stages validants risques d’être difficile à certains endroits, alors qu’ailleurs c’est le rythme des gardes qui risquent d’être soutenu ;
  • en terme quantitatif, le nombre de postes proposé par ville est très différent du numerus clausus de la promotion concernée : parfois presque doublé ou à l’inverse très inférieur, ces écarts vont engendrer des mouvements de population sans précédent et surtout peu contrôlables.
 
La profession médicale souffre aujourd’hui de nombreux maux. Avec cette répartition le ministère ne va faire qu’aggraver ces symptômes, plutôt que de chercher à les guérir. L’avenir de la démographie médicale passe aussi par une répartition cohérente.