Les chroniques des études médicales : récit n°1 L’histoire de l’externe sac à dos

Les chroniques des études médicales : récit n°1 L’histoire de l’externe sac à dos

Gilles Bernelle est un petit externe d’un C.H.U de province. Il est comptant de tout ce que lui apprend son gentil chef de service. Chaque jour, il acquiert un peu plus d’expérience qui lui sera fort utile pour son futur métier de secrétaire médecin. Tout va bien dans ce joli monde qu’on nomme Centre Hospitalier Universitaire.

Mais un jour, un autre lutin que les chefs de services appellent esclave (Vous trouverez préférentiellement dans le dictionnaire, le terme d’‘‘externe’’) se présente comme nouvel emménageant. Ce nouveau voisin de service ne plait pas beaucoup à Gilles. En effet, celui-ci se rend bien compte que ce nouvel arrivant est en train d’empiéter sur son travail. Parait qu’il faut partager, car il faut du travail pour tout le monde. En plus, il annonce une forte augmentation de la population dans les prochaines années, parce que soit disant la population médicale actuelle est trop âgée.

Quelques années ont passé et l’explosion de la population d’externes (oui ou secrétaire ou lutins pour ceux qui ont du mal à suivre) a entraîné une augmentation de la densité d’étudiants au mètre carré de stage. Gilles est bien triste, il est loin le temps, où il se promenait tranquillement dans les couloirs, allant de patients en patients, guettant une intervention à faire. Il se retrouve désormais à devoir partager la charge d’un patient avec quelqu’un d’autre. Et dire qu’il se plaignait autrefois de servir d’esclave aux anciens de ce petit monde. Que ne donnerait-il pas aujourd’hui pour faire un ECG. Mais malheureusement ce n’est pas possible, il en faut pour tout le monde. Il y a qu’à voir comment le trafic s’est bloqué, les couloirs sont remplis de P2/D1, mal garés contre un mur, attendant que quelqu’un s’occupe d’eux.

Un jour Gilles décide de quitter la grosse ville (NDLR : CHU) pour aller voir comment ça se passe en périphérie. Il a hâte de rencontrer de nouveaux patients et d’acquérir plein d’expérience auprès des vieux des petits villages (NDLR : CHR). C’est bien connu, les anciens des petits villages ont toujours des anecdotes à raconter. Ainsi Gilles s’en va en direction du CHR le plus loin, loin justement de tous ces nouveaux urbains qui s’empilent au CHU.

Malheureusement, après une longue marche de plusieurs kilomètres et un coût financier certain, le chef de la nouvelle tribu, lui répond qu’il ne pourra pas s’occuper de lui. A qui la faute ? Le problème est que le nouveau peuple n’a pas assez d’argent pour permettre à Gilles de le rémunérer de son exercice, rémunération si misérable soit elle. En effet, c’est le CHU qui finance son exercice et celui-ci refuse de le payer s’il ne retourne pas travailler au sein du CHU avec les autres esclaves.

Gilles voit son initiative tomber à l’eau, quant soudain lui vient une idée. C’est ainsi qu’un beau soir, il pénètre dans l’enceinte du CHU en pleine nuit. Il passe prendre son baluchon à l’internat et récupère dans le bureau du comptable de l’argent pour vivre pendant toute l’année sans se soucier des caprices du CHU.

C’est ainsi qu’avec tout son salaire annuel dans son sac à dos, Gilles peut enfin faire le tour des hôpitaux de la région à la découverte d’une vague inconnu que l’on nomme médecine.

Romance ?