Les étudiants en médecin remettront au Ministère de la santé leur demande d’exil samedi après-midi

L’Association Nationale des Etudiants en Médecine de France (ANEMF), membre de la FAGE, réunie ce week-end en Assemblée Générale Extraordinaire à Paris, en profitera pour poster au Ministère de la Santé, les lettres de demande d’exil des étudiants en médecine français vers un autre pays de l’espace européen.
 
Les futurs médecins n’ont plus que ce geste symbolique pour enfin espérer que le Ministère de la Santé daigne les écouter et leur accorder crédit. Depuis maintenant près de un mois et demi, l’ANEMF, relayant la voix des étudiants en médecine à travers la France, demande que soit revue la répartition des postes d’internes offerts à l’issue des ECN 2005 (Epreuves Classantes Nationales, remplaçant le concours de l’internat). En effet, les décideurs ne semblent pas entendre les avertissements fournis si la répartition reste à 50% de postes de médecine générale et 50% de spécialités, le tout avec 4800 postes offerts pour (à l’heure actuelle) environ 4500 inscrits : moins de spécialistes formés, plus de médecins généralistes mal formés à cause d’une augmentation trop brutale des postes face à une augmentation dérisoire des moyens tant humains que financiers, accentuation de la fracture nord/sud avec les 300 postes supplémentaires non pourvus dans les villes peu attractives…
L’ANEMF demande donc que soit ré-étudiée la proposition de l’offre de postes, sur la base du nombre réel de candidats et d’une répartition plus pragmatique, prenant en compte les besoins de santé publique et les capacités de formation dans chaque discipline.
 
Samedi après-midi vers 15 heures, devant le Ministère de la Santé, chaque représentant des 39 facultés de médecine de France, déposera les lettres de ses étudiants. Dans celles-ci, les futurs praticiens exprimeront solennellement leur volonté de s’expatrier si la situation ne se décante pas.
Il serait très dangereux, dans un contexte de démographie médicale de plus en plus moribonde, de prendre le risque de perdre une partie non négligeable de la future population soignante.