Les étudiants en médecine poursuivent leur mouvement et vont s’exiler à l’étranger

L’Association Nationale des Etudiants en Médecine de France (ANEMF), membre de la FAGE, indignée par l’attitude du ministère de la Santé et le peu d’écho accordé à ses revendications, a décidé lors de son Assemblée Générale Extraordinaire de prolonger son mouvement de grève.
En effet, malgré une mobilisation sans précédent de 4000 étudiants (sur les 4500 concernés par l’internat à la fin de l’année), le mouvement de ce jour n’a pas suffit à faire avancer les négociations, par la faute de l’entêtement de ses interlocuteurs, mais aussi par le manque de communication au sein même du Ministère de la Santé, certains membres du cabinet n’apprenant la manifestation que ce matin. Après un défilé dans les rues de Paris, une délégation d’étudiants a pu être reçue par un conseiller du Ministre.
L’ANEMF n’a, à l’issu de l’entretien, reçu aucune certitude sur ses revendications :
  • la modification de la répartition des postes à l’internat ne saura pas modifiée ; le système de santé français s’expose donc à une catastrophe démographique en terme d’effectif de médecins pour les 20 prochaines années, alors qu’aujourd’hui même tous les conflits avec les professionnels de la santé mettent en exergue une situation actuelle déjà bien difficile ;
  • le stage chez le médecin généraliste et la problématique du redoublement sont à voir avec le Ministère de l’Education, le Ministère de la Santé préférant botter en touche ;
  • l’amphithéâtre de garnison a été accepté par oral (tout comme le 17 mars dernier à Strasbourg avant un retour en arrière 2 jours plus tard) ; le budget est là mais la procédure ne sera pas inscrite dans les textes ; le système de choix légalement défini reste encore et toujours la procédure informatique.
Devant cette mascarade sans nom, les étudiants en médecine ont décidé de poursuivre le mouvement et de le durcir. La grève illimitée est prolongée, et des actions locales auront lieu régulièrement, les mêmes jours à travers la France. Enfin, face à l’impossibilité aujourd’hui en France de se former correctement et d’avoir des certitudes sur leur avenir, les étudiants en médecine ont décidé symboliquement de se désinscrire des facultés médicales et de poursuivre leurs études à l’étranger. Peut-on se permettre, dans la situation actuelle du système de soins, de perdre 4000 à 5000 futurs praticiens ?
A force de pousser les étudiants dans leurs retranchements, ceux-ci décident d’affronter l’épreuve de force. Et aujourd’hui la force ne semble pas être du côté du ministère.