En 2000, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a classé le système de santé français numéro 1 dans le monde.
Si la médecine fonctionne chez nous, la formation, malgré tous ses points faibles, remplit donc vraisemblablement ses objectifs.
Prendre du recul sur les études de médecine en France, essayer d’analyser le fonctionnement de notre système d’un point de vue externe et plus objectif permet de mettre en évidence ses points forts ainsi que ses incongruités.
Un étudiant Erasmus, plongé pour une année seulement dans le chaos du monde hospitalier Français, peut se révéler être d’une critique précieuse : n’ayant pas été usé par cette interminable première année, épuisé par ces deuxième et troisième années où la priorité entre les examens et les sorties est souvent difficile à établir, il arrive tout frais dans les services hospitaliers français et voit ce qui se passe chez nous d’un œil bien différent :
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Médecine = concours.
Pour accéder à notre cursus ou pour en sortir, on rentre en compétition avec nos pairs.
Le concours de P1 et ses 20% de taux de réussite font frémir de peur nos voisins européens : en effet, la sélection sur dossier ainsi qu’un entretien pour être admis en médecine est d’usage dans de nombreux pays dans le monde : Angleterre, Etats-Unis, Scandinavie, Allemagne, Espagne…
De même, le docteur nouvellement qualifié est, dans la plupart des autres pays obligé de postuler pour une spécialité, dans un hôpital donné et sera sélectionné en fonction de ses résultats sur l’ensemble de son cursus et non sur ceux d’un examen ponctuel.
La théorie avant et par-dessus tout
Cette P1 de forcené où le plus insignifiant de tous les détails peut potentiellement faire la différence et ouvrir ou fermer la porte blindée des études désirées finit par nous rendre difficilement capables de distinguer le fondamental du superflu.
Une masse de connaissances ingurgitées souvent bien supérieure à celle de nos voisins européens mais une place peu importante laissée à la clinique dans les trois premières années : ailleurs la formation médicale recherche dès le début un équilibre entre la connaissance théorique, les aptitudes pratiques et le comportement du médecin avec le patient.
A la fois dans l’enseignement et au travers des examens qui sont, dans un nombre croissant de pays, fondés sur des mises en situation pratique bien plus que sur de la régurgitation de connaissances pas toujours bien assimilées.
Le statut particulier de l’externe, étudiant et salarié de l’hôpital
La responsabilisation précoce, par l’attribution de patients dont il a la charge, l’assiduité aux stages exigée, les cinq semaines de vacances par an et une rémunération de l’étudiant le mettant en devoir de remplir certaines contraintes surprend souvent l’étudiant étranger, habitué spectateur plutôt qu’acteur à l’hôpital jusqu’à un stade plus avancé.
Alors, le médecin français, médecin machine, se battant contre ses confrères pour gagner son pain ? Perroquet dressé à répéter sans les comprendre des données dont il n’aura jamais l’usage ? Victime jetée dans la fosse aux lions avant d’avoir perdu son innocence ?
Avant d’en venir à ces extrêmes, un dernier point, mais pas des moindres. Ce que l’étudiant d’ailleurs évoque en premier lorsqu’on lui demande de parler des études d’ici est leur gratuité.
Gratuité qui a un coût, sans aucun doute, mais entrer dans la vie active sans un prêt de 5 ans à notre actif, ça n’a pas de prix…
Camille, Bordeaux
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