Pour tout savoir sur la remise en cause de la liberté d’installation

Le Mardi 25 Septembre, le Président Nicolas Sarkozy annonce aux journalistes qu’il veut faire signer aux médecins la même convention que pour les infirmières... Cette convention stipule clairement la mise en place de mesures désincitatives quant à l’installation des médecins en formation dans les zones sur-denses ! Ces mesures viendraient s’ajouter aux mesures incitatives déjà mises en place pour les zones sous-denses.

Quelles seraient exactement ces mesures désincitatives ? Il s’agirait en réalité d’un déconventionement des médecins... C’est-à-dire qu’un nouveau médecin qui s’installerait dans une zone sur-dense ne serait plus conventionné avec la sécurité sociale. La consultation des ses patients ne seraient alors plus remboursée et des charges supplémentaires s’ajouteraient. Cette consultation coûterait alors aux alentours de 80 euros au patient !

Pourquoi ces mesures sont-elles dangereuses ? - parce qu’elles peuvent conduire à une pénurie de médecins : en effet, beaucoup préfèreront ne plus poser leur plaque et ne feront que des remplacements... Beaucoup pensent aussi déjà à partir à l’étranger... Beaucoup penseront avant tout à une carrière hospitalière... Beaucoup s’écarterons de la médecine de base pour se sur-spécialiser et ouvrir des cabinets prenant en charge les patients en dehors du système de soins, sans remboursement de la sécurité sociale ! C’est exactement ce qu’il s’est passé dans les pays où de telles mesures ont été mises en place (Allemagne, Suisse, Québec). Elles n’ont rien résolu. En Allemagne, elle sont même à l’origine d’une crise des vocations et donc d’une pénurie de médecins alors qu’elle en comptait trop ! La médecine libérale, notamment la médecine générale est boudée par les étudiants... Ces mesures ne feront que les inciter à la fuir plus encore !

-parce qu’elles nuiront à l’accès aux soins des patients : le patient qui ira voir un médecin non conventionné payera sa consultation ! Ce désengagement de la sécurité sociale laissera la place à des assurances et mutuelles privées qui passeront accord avec ces médecins pour rembourser les patients. A terme, si les français sont pris en charge par des assurances privées plutôt que par la sécurité sociale, elle s’éteindra d’elle même et le système de soins sera le même qu’aux Etats-Unis !

Que proposons-nous ?

- Une meilleure valorisation de la médecine libérale lors de nos études. Que les stages soient décloisonnés, que les étudiants puissent aller en effectuer dans des cabinets de spécialistes libéraux, dans des cabinets de médecins de campagne. Ces métiers sont méconnus... Il faut permettre aux étudiants de les connaître pour qu’ils puissent choisir ce mode de vie !

- la mise en place, dans les zones sous-denses, de maisons médicales pluridisciplinaires, afin que les médecins puisse travailler en équipe, qu’ils aient à disposition des plateaux techniques pour prendre en charge complètement leurs patients. Il faut lutter contre l’isolement des médecins de campagne

-un réengagement de l’Etat dans ces zones : il ferme des bureaux de poste, des écoles,... Que l’Etat redonne leur attractivité à ces régions afin qu’un médecin puisse y vivre avec ca famille, que son (sa) conjoint(e) y trouve du travail, que son enfant y soit scolarisé (car la plupart du temps, un tout jeune médecin a déjà fondé une famille lorqu’il finit ses études aux alentours de 30 ans...).

- le maintien des mesures incitatives financières, afin qu’un médecin de campagne garde le même niveau de vie qu’un médecin de ville. Il faut, d’autre part, que les étudiants soient mieux informés de l’existence de ces mesures et qu’elles soient correctement mises en place.

Toutes ces mesures sont mises en place en Ecosse... La démographie médicale s’y améliore...

A savoir enfin : la pénurie de médecins en France va s’aggraver dans les années à venir, à cause du gouvernement qui a, il y a 10 ans, réduit démesurément le numerus clausus. Il n’y a pas assez de jeunes médecins pour remplacer tout ceux qui partiront à la retraite... Ainsi, bientôt, les zones sur-denses n’existeront même plus ! Pourtant, ces mesures s’appliqueront toujours... Les problèmes de démographie médicale sont en très grande partie liés à cette pénurie de médecins qui est la conséquence de la réduction du numerus clausus. Est-ce aux jeunes médecins et à leurs patients de payer les erreurs des précédents gouvernements ?

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