Réforme de l’assurance maladie

Paris, le jeudi 08 juillet 2004

COMMUNIQUE DE PRESSE

Réforme de l’assurance maladie, égalité d’accès aux soins : les futurs médecins effrayés par des mesures « placebo »

Le débat sur l’assurance maladie fait actuellement rage à l’Assemblée Nationale ; mais ces débats houleux occultent certains aspects de la réforme qui concernent en premier lieu les étudiants en médecine : la limitation de la liberté d’installation.
Les députés ont en effet adopté à l’unanimité vendredi 2 juillet un amendement visant à « corriger les inégalités territoriales et les « déserts médicaux », notamment les zones rurales ».

Aujourd’hui, l’Association Nationale des Etudiants en Médecine de France (ANEMF), membre de la FAGE, soutenue par 9300 signataires, étudiants et enseignants confondus, de la pétition « Médecin tu seras, libre tu resteras » (communiqué de presse du 08 juin), réaffirme avec force son opposition à cette mesure.
Il apparaît en effet inconcevable que les caisses d’assurance maladie entendent orienter et contrôler l’installation des futurs médecins que nous sommes. Comment une structure qui se meurt depuis plusieurs années déjà aurait les reins assez solides pour supporter une telle organisation, nécessitant d’énormes moyens ? La réforme prévoit de corriger les inégalités démographiques et d’assurer l’égalité de l’offre de soins sur l’ensemble du territoire. Mais avec la pénurie de médecins qui s’annonce, conséquence d’un numerus clausus depuis longtemps inadapté et de départs en retraite massifs de la génération actuelle de médecins, toutes les zones seront bientôt déficitaires (et plus seulement les zones rurales) et l’accès équitable aux soins ne pourra être assuré.
De même les mesures coercitives et les sanctions, telles que le déconventionnement, prévues par l’article 29 du projet de loi sont totalement inadaptées. A-t-on réfléchi seulement à l’intérêt du patient ? Faut-il mieux avoir à faire à un médecin heureux et compétent ou à un praticien contraint et désabusé ?

L’ANEMF élève une fois de plus la voix pour faire prendre conscience aux décisionnaires de la réalité de la situation actuelle. L’ANEMF est prête à organiser une rencontre pour exposer ses projets et ses solutions en terme de démographie médicale. Il devient urgent de solutionner ces problèmes qui ne durent que depuis trop longtemps  ; l’ANEMF apportera sa contribution et ses compétences pour traiter les causes et non les conséquences, comme cela est trop souvent fait. Des mesures facilitant l’exercice médical dans les zones déficitaires doivent être mises en place bien au-delà des « mesurettes » d’ores déjà créées.